Géographie

 


L'organisation territoriale du groupe

Les caractères du terroir

L'ORGANISATION TERRITORIALE DU GROUPE


A l'image des autres collectivités rurales, notre village se définit d'abord comme un territoire où se sont fixés des familles et des individus, en y développant des relations de voisinage et de travail jusqu'à créer des liens de solidarité.
C'est dans ce cadre restreint ou son proche environnement, entre la maison, les champs, l'usine, l'atelier, le magasin, le bureau ou le chantier que s'écoule la vie de tous les jours, pour la plus grande partie de la population résidente.

La situation géographique

Au niveau des Pyrénées centrales, suivant l'axe Lannemezan - Saint-Gaudens - Boussens, la Neste, la Garonne et le Bas-salat creusent un sillon continu qualifié de « Pays sous-pyrénéen ».
Cette longue dépression vient mourir sur la barrière des chaînons pré-pyrénéens qui développent les ondulations d'Aurignac vers Ausseing et Sainte-Croix-Volvestre sous le nom de «Petites Pyrénées». C'est dans la zone de contact de ces deux formations naturelles que se situe Cassagne.
La commune s'étend sur 1100 hectares. Adossée aux reliefs des Petites Pyrénées, elle recouvre la partie inférieure du Bassin du Lens, soit la vallée proprement dite et les coteaux striés de ruisselets qui s'étagent en direction de Belbèze.
Elle englobe aussi la denière plaine de la rive droite du Salat avant le site de confluence Roquefort-Boussens, et la pointe du plateau triangulaire qui la sépare de la Vallée du Lens. Le territoire est délimité par les reliefs de Borde-Vieille et Furne, les coteaux de Montagut, le ruisseau de Belbèze (ou Junac), le Lens, la « Goutte » de Marsoulas, la ligne de hauteurs d'Es Castets - Plandulieou et le ruisseau de Galege en amont de l'Arroucaou. Il se confronte, par ailleurs, aux communes de Marsoulas, Salies, Mazères, Roquefort, Belbèze, Escoulis en Haute-Garonne, et Betchat en Ariège.
L'altitude moyenne y avoisine 330 mètres avec des dénivellations de plus de 200 mètres. Les plus hautes maisons de Furne - à la cote 400 - dominent de 120 mètres celles de Bouque-de-Lens, Sarradas est à 300 mètres, la Rouaoude à 370 mètres tandis que le village occupe une position intermédiaire : 323 mètres à la Mairie. Le point le plus haut du village est un dôme qui surplombe Furne et ses carrières à 475m, le point le plus bas étant constitué par le Salat à 280m, soit près de 200m de différence.
Le climat est dans l'ensemble de type océanique et gascon, mais présente des particularités dues à la proximité de la montagne, à l'altitude ou aux expositions :
- La température annuelle oscille autour de 11°, plus fraîche de 2° que celle de Toulouse, mais avec des écarts sensibles en toutes saisons entre le jour et la nuit.
- Il tombe environ 900 mm de pluie par an au village, un peu moins à Bouque-de-Lens et dans la plaine du Salat, un peu plus à la Rouaoude et sur les hauteurs de l'est.
- Le printemps est la saison la plus arrosée.

Le village et les écarts

Le village proprement dit se situe à la pointe inférieure d'un plateau qui s'élève en s'élargissant vers le Nord. Il occupe une position dominante à la jonction des vallées du Lens et du Salat. Primitivement implanté en bordure du versant oriental, il s'est progressivement développé le long des deux routes qui descendent perpendiculairement vers Salies, et plus récemment, en suivant celles qui conduisent vers Marsoulas par Es Castets ou par les Foys.
Deux quartiers s'y étaient individualisés autrefois, celui de Rio ou bas du village et celui de Capsuran ou bout du village: la séparation se situait approximativement au niveau de l'ancienne école libre.
Les maisons traditionnelles sont d'anciennes fermes flanquées de bâtiments agricoles, granges et étables avec grenier à foin. Les jardins ou les cours qui les séparent généralement contribuent à donner au bourg un aspect verdoyant et aéré.
Dans leur type le plus fréquent, elles sont de forme rectangulaire, à un seul étage et exposées au midi. De grosses pierres taillées de teinte blanchâtre ou ocre agrémentent l'encadrement des ouvertures et les angles des murs. Sous un toit de tuiles à quatre pentes, elles possèdent un vaste grenier ouvert sur l'extérieur par de petites lucarnes. On rencontre encore exceptionnellement des montants de bois apparents dans la partie supérieure des murs et quelques exemples de galerie ouverte à l'étage ou « Balet », disposition typique des anciennes constructions rurales de la région.
Le pôle d'animation principal est la « Place » située à la fourche du « Chemin-Neuf » et du « Chemin-Vieux ». La proximité du groupe scolaire, de la poste, de la Mairie, de la Salle des Fêtes, des terrains de jeux, du café (de nos jours, une psychologue a installé son cabinet en ces lieux où résonnaient toutes les fins de semaine les chants de victoire de la fameuse équipe de foot des années 80, autres temps, autres mœurs !) et des magasins d'alimentation (disparus depuis un certain temps), en faisait le centre administratif, commercial et récréatif de la commune.
Deux chemins piétonniers ou « Carrelots » y débouchent perpendiculairement à la route principale :
- l'un conduit vers l'Eglise et le quartier de la « Craste »
- l'autre, vers le bois du Barry et le quartier du « Santet ».
Des écarts d'inégale importance entourent le village à des distances d'un à trois kilomètres : deux d'entre eux, Sarradas et Bouque-de-Lens, situés respectivement sur le Laouin et sur le Lens, aux deux extrémités de la plaine du Salat, peuvent être considérés comme de petites agglomérations.
Au débouché du vallon du Laouin et à l'endroit où la route de Salies coupe le ruisseau, le premier forme un groupe compact de fermes aux origines anciennes, construites dans la dépendance d'un château seigneurial tout proche. Il a d'ailleurs prêté son nom à la famille noble issue de ce dernier. Depuis une vingtaine d'années, il a abondamment essaimé de nouvelles constructions le long des routes de Salies, Cassagne, et Mazères.
En aval de Sarradas, Bouque-de-Lens évoque le confluent du Lens et du Salat. Il s'étire en longueur du croisement des « Petes » au pont du Lens. Conséquence de l'implantation d'industries papetières à la fin du siècle dernier, il prend, par endroits, des airs de cité ouvrière avec des pavillons uniformes, bien alignés à l'ombre d'une cheminée d'usine. Le chemin du Crampan relie ces deux hameaux en desservant les maisons du Saoudet et de la Lande-d'en-bas, particulièrement à l'Arroucaou, Gachon et le Moulin, qui, plus à l'ouest baignent leurs pieds dans les eaux du Salat.
Perchés sur le plateau qui domine la plaine, deux autres groupes de constructions se détachent du paysage vers le sud : « Es Castets » au bord de la nouvelle route de Marsoulas, près du château d'eau et le « Tarté » sur son éminence naturelle, surplombant le vallon du Laouin.
A l'autre bout de la commune, la route de Belbèze dessine plusieurs lacets pour gravir les coteaux qui resserrent la vallée. Laissant Borde-Vieille à sa gauche et Houchet à sa droite, elle mène à Furne dont les maisons s'étagent dans un site abrité des vents et très ensoleillé. Ces écarts appartiennent à la zone « d'au-delà du Lens » accessible par les ponts de Bouque-de-Lens, de Sajous, de l'Isle et de la Caraou. Au départ de ce dernier, la route sinueuse s'élève en décrivant une large boucle. Elle dessert l'ancienne métairie de Guirauton, les villas dispersées de l'Estourelle et le Cap-Del-Marot avant de lancer une bretelle vers le Besson dissimulé sur un versant du Junac. Elle traverse ensuite la Rouaoude et ses fermes éparses sur un promontoire ombragé de vieux chênes. A l'embranchement de l'Arial, elle amorce sa descente vers le Gebraou et Saouis, situés à mi-pente, jusqu'à la vallée du Lens où elle permet d'atteindre la Graouade, le Moulin-de-l'Isle (« Era Molo ») et dans un coude du ruisseau, les trois maisons de Hareypey.

LES CARACTERES DU TERROIR

Ni montagne, ni plaine, le Village appartient aux régions de transition qui relient les Pyrénées au Bassin d'Aquitaine et il en possède la plupart des particularités. En parcourant la campagne, le promeneur pourra ainsi découvrir un pays vallonné, verdoyant, quadrillé de cours d'eau où s'entremêlent harmonieusement les prés, les champs et les bois, mais sous une apparente uniformité d'ensemble, ce terroir révèle à qui prend le temps de l'observer des traits d'une étonnante diversité.


Les reliefs


Les profils plats ou faiblement inclinés composent l'essentiel d'un paysage où le Lens creuse un large sillon.
Par endroits, cependant, sur les versants des vallées ou les pentes des Petites Pyrénées, les reliefs deviennent plus contrastés. On y voit des roches de toutes sortes, percer la couverture de terre végétale et l'on peut ainsi reconstituer l'histoire du sous-sol.
Si l'on excepte quelques pierres de l'Ère Primaire disséminées dans la vallée du Lens, en amont de la Graouade, les terrains les plus anciens de la Commune sont les ophites de l'Arrouquet. Il s'agit d'un massif d'origine éruptive, dressé le long de la route d'Escoulis, peu avant le ruisseau de Junac. Il voisine avec les bancs de gypse abandonnés par la mer à l'occasion d'une de ses phases de régression.
Il se manifeste par de gros rochers aux angles vifs, dont la coloration peut varier du gris au gris-bleu ou au vert. C'est vraisemblablement un témoin du début de l'Ère Secondaire.
Celle-ci est aussi représentée par des dépôts calcaires de sa phase terminale : les plus importants, modèlent près de Plandulieou la colline boisée où la route de Marsoulas inscrit ses premiers lacets. Ils se prolongent en direction de Betchat et se caractérisent par des pierres de couleur beige ou ocre, proches contemporaines de celles qui constituent les hauteurs de la tour d'Ausseing au château de Roquefort.
A l'autre bout de la commune, entre le Salat et Borde-Vieille, des blocs aux teintes blanchâtres saillant de la verdure des talus, indiquent encore la présence d'une plaque calcaire de la même période géologique. Hormis ces vestiges du Secondaire subsistant à sa périphérie, le territoire communal n'a véritablement pris consistance qu'au début de l'Ère Tertiaire, avec notamment la mise en place de la formation dite des « Poudingues ». C'est un conglomérat de galets calcaires liés par une sorte de ciment naturel ocre. On le rencontre un peu partout.
Il sert de socle au plateau qui porte le village et aux coteaux d'au-delà du Lens.
Au niveau des Petites Pyrénées, il affleure sur de larges surfaces en alternance avec des grès tendres, truffées de petits coquillages fossiles.
D'autres formations rocheuses peuvent être rattachées à la même période du Tertiaire. Elles se signalent par des escarpements dont les plus remarquables sont ceux du sommet de Furne, de l'Arroucaou et de la rive droite du Laouin.
Les calcaires blancs à miliolites, autrefois exploités dans les carrières de Belbèze et de Balesta, appartiennent à une période voisine. Quoique relativement nombreuses, les zones de roches apparentes n'occupent qu'une faible superficie. La grande partie de la Commune est recouverte de terrains plus récents à vocation agricole ou forestière dont on peut distinguer au moins trois types principaux :
- les coteaux de l'est : ils s'étagent entre la Rouaoude et la route de Belbèze et portent généralement des sols argilo-calcaires ocre dits « terreforts » résultant de dépôts tertiaires d'origine marine.
- le plateau central, prolongé au-delà du Lens par le gradin de Houchet-Balesta est par contre, une terrasse fluviale du quaternaire. Il est constitué de dépôts fins, parfois caillouteux, produits par des modifications du niveau des cours d'eau. Les terres argilo-silicieuses (boulbènes) y sont assez répandues.
- du côté de l'ouest, enfin : la plaine du Salat étale ses alluvions, récentes, appelés aussi « graves » en raison de la présence de sables et de galets, notamment aux abords de la Rivière.
Tout comme les sols, les dénivellations même modestes, introduisent un élément de diversité dans le paysage.
Les écarts d'altitude sont suffisants pour que, des différentes hauteurs du territoire communal, on puisse découvrir d'admirables points de vue sur la campagne environnante et les horizons lointains. La pièce maîtresse du décor de la commune est incontestablement la chaîne des Pyrénées d'où émerge la pyramide du Mont-Valier : pour apprécier pleinement cette situation, il faut monter à la « Roche-d'Ausseing » dont le dôme pelé s'inscrit dans le cadre immuable de Cassagne. Du haut de cette éminence, à 607 mètres d'altitude, l'œil embrasse un grandiose panorama.
En toile de fond, les massifs montagneux s'étirent sur plus de 200 kilomètres de part et d'autre des glaciers espagnols de la Maladetta.
Un peu en retrait, moutonnent les croupes boisées des chaînons intermédiaires tandis qu'au premier plan, la dépression du Lens dévoile ses vallons et ses coteaux où pointent des clochers familiers.

Le paysage végétal


Par contraste avec les régions de la Garonne toulousaine au nord de Boussens, la basse-vallée du Salat se signale par son aspect verdoyant. Ne l'a-t-on pas appelée, pour cette raison « le vert pays de Salies » ?
Cette image vaut également pour les environs de Cassagne, plus particulièrement pour la vallée du Lens. On y voit les bois escalader les pentes, des rangées d'arbres soulignent les chemins et les cours d'eaux, les prairies naturelles ponctuées de chênes et d'arbres fruitiers rustiques s'étendent au détriment des champs labourés.
Deux séries de facteurs ont contribué à façonner ce paysage :
- au plan régional, un climat de transition sous-pyrénéen où convergent des influences de la Méditerranée, de la montagne et de l'ouest atlantique.
- au plan local : une grande variété de sols et d'expositions. Leur action conjointe a favorisé le développement d'associations végétales diversifiées et riches de nombreuses espèces.
A la limite de leur avancée vers l'ouest, la lavande et le jasmin -plantes méditerranéennes des sols secs- embaument les versants sud des Petites Pyrénées. Elles voisinent avec le hêtre montagnard des bas-fonds humides du Junac, tandis que du côté de la Rouaoude, certains sous-bois de fougères et d'ajoncs rappellent la lande atlantique.
Le paysage agricole se définit surtout en fonction de la nature des sols.
La plaine alluvionnaire du Salat, irrigable et facile à travailler, est vouée aux cultures intensives : les champs d'orge, de blé, de maïs et des prairies artificielles y dessinent une mosaïque aux couleurs changeantes.
Le plateau central du Santet au Tarté possède des sols frais, pauvres en chaux convenant à l'herbe et au maïs.
La vallée du Lens avec ses zones inondables ou à forte pente est le royaume de la prairie naturelle et les haies vives séparant les propriétés lui donnent un aspect bocager caractéristique. Sur les coteaux de l'est, par contre, les terres argilo-calcaires sont favorables au blé, mais leur lourdeur ou leur déclivité rendent les labours difficiles et les près s'y développent entre les étendues boisées. Quelques alignements de vignes basses et des pommiers, noyers ou châtaigniers bordant les parcelles, complètent cette esquisse de l'utilisation agricole des sols.
Complément naturel des cultures, les bois occupent d'appréciables surfaces : on en trouve des fragments dans la vallée du Laouin et au-delà du Lens, où ils s'accrochent aux plus mauvaises terres et aux versants escarpés. Ils atteignent un développement plus important sur les hauteurs du nord de la commune, entre Houchet et Furne où ils se rattachent à l'ancienne forêt des Petites Pyrénées.
En dépit des défrichements successifs qui l'ont réduite en lambeaux, celle-ci est encore assez continue pour qu'un promeneur partant des bords du Lens au niveau des Longueres, puisse marcher jusqu'aux sapinières de la « Forêt Royale » à Sainte-Croix, sans quitter le couvert des arbres.
La plupart des essences feuillues de la forêt française sont représentées dans les bois de Cassagne.
Le chêne est omniprésent, justifiant toujours le nom de la commune. Il est souvent associé à l'ormeau, à l'érable champêtre, au châtaignier, au merisier, au genévrier.
Le hêtre, le charme, le tilleul, se rencontrent isolément aux expositions fraîches, le tremble et le bouleau occupent certaines terres froides décalcifiées, l'acacia déborde des talus pour envahir les friches. Enfin, les aulnes, saules, frênes et peupliers tendent deux rideaux de verdure le long des cours d'eau.
Quelques plantations de conifères (sapins, douglas, épicéas) complètent cette flore spontanée. Elles forment des taches vert-sombre sur les pentes de la vallée du Lens, en aval du village. Il faut enfin signaler une curiosité botanique : les bambous de l'île de Gachon. En raison de conditions de sols et de climat très favorables, ils atteignent des tailles impressionnantes et composent un paysage extrême-oriental tout à fait insolite dans cette vallée Pyrénéenne.
A leurs attraits ordinaires, les bois de Cassagne et des environs ajoutent une richesse qui pour être de courte durée n'en est pas moins vivement appréciée : celle des champignons. Ainsi, quand vient l'automne, la vallée de Lens peut-elle connaître pendant quelques jours une animation inhabituelle; c'est la saison où, du côté de la Rouaoude, de Garenne et surtout de Betchat, les cèpes font pointer leur chapeau noir ou marron en compagnie des « trémoulets », oronges, pieds-de-mouton, trompettes-des-morts, etc. Panier et bâton en mains, les amateurs envahissent alors les sous-bois pour le double plaisir de cueillir puis de déguster ces produits sauvages et délicats qui exhalent tous les parfums de la forêt.

Les eaux courantes

Le Salat
Directement ou par l'intermédiaire de ses affluents, le Lens et le Laouin, le Salat collecte toutes les eaux de Cassagne.
Comme eux aussi, il nous vient de l'Ariège. Il prend sa source près du village de Salau, au lieu dit « Les Neuf Fontaines » à 900 mètres d'altitude, et rejoint la Garonne à Roquefort, soixante-dix-sept kilomètres plus bas.
Son débit moyen est d'environ 12m3 seconde, avec des périodes de basses eaux en automne, et des crues au printemps. Il a été classé navigable de Roquefort à Lacave et relève toujours du domaine public entre les deux communes.
Au niveau de Cassagne, il apparaît comme une force de la nature, domestiquée par les industries riveraines. Du pont de Salies à la route de Balesta, il ne compte pas moins de six retenues alimentant quatre centrales hydroélectriques, une scierie, une minoterie, et une papèterie. Entre les digues qui freinent son cours, il coule paresseusement le long des rives de sables ou de galets.
Régulièrement érodées par les crues, ces berges ont récemment fait l'objet de travaux d'enrochement destinés à les stabiliser. Par endroits cependant, comme à l'Arroucaou et en aval de Bouque-de-Lens, le Salat retrouve le caractère torrentiel des ses origines pyrénéennes. Son cours s'accélère et vient buter avec force contre les rochers de la rive droite.
Utile à plus d'un titre pour l'animation d'activités industrielles, pour l'irrigation des cultures, pour la fourniture de matériaux de construction, il cache en outre dans ses limons gris, un véritable trésor fait de minuscules paillettes d'or arrachées à la montagne ariégeoise. C'est pourquoi on pouvait autrefois rencontrer, du côté de l'Isle de l'Arroucaou, quelque chercheur obstiné tamisant inlassablement le sable dans l'attente d'un scintillement révélateur du métal précieux.... et du début d'une fortune peut-être.

Le Lens
Ce n'est qu'un modeste affluent du Salat, mais il draine la plus grande partie du territoire communal, et sa fraîche vallée en constitue l'un des sites les plus attachants. Né aux abords du village de Lasserre à 550 mètres d'altitude, il coule dans le sens est-ouest parallèlement aux Petites Pyrénées et rejoint le Salat à Bouque-de-Lens après avoir parcouru une vingtaine de kilomètres.
Son image est très contrastée : il creuse son lit sous l'ombre épaisse des aulnes, mais vient parfois baigner des grèves de sable blond où le soleil fait briller les coquilles nacrées des moules de rivière. Sur la majeure partie de son cours, il s'étale en longues nappes vertes séparées par de petits rapides où le flot murmure entre les pierres moussues. Réduit à un mince filet d'eau pendant les étés secs, il peut, à la suite d'un printemps pluvieux, se gonfler rapidement jusqu'à devenir un torrent impétueux et répandre ses eaux jaunâtres sur de larges étendues : les habitants de Cassagne ont encore en mémoire les inondations de 1940 et de 1978 au cours desquelles l'eau atteignit la chaussée du pont de la Caraou. Sous l'effet de ses crues brutales ou de l'évolution technique, il a vu progressivement disparaître les moulins et les scieries qu'il animait naguère. Il n'en reste aujourd'hui que des ruines couvertes de lierre et des digues ébréchées où se précipitent de bruyantes cascades.

Le Laouin
Long de six ou sept kilomètres, ce ruisseau prend naissance sur le plateau forestier séparant le Lens et le Salat, non loin de l'agglomération de Pointis, à 450 mètres d'altitude. Avant d'atteindre Sarradas, il s'enfonce dans un vallon encaissé, justement célèbre pour ses habitats préhistoriques. Il débouche ensuite dans la plaine du Salat où il divague en méandres compliqués. D'un débit sensiblement inférieur à celui du Lens, il peut s'arrêter de couler l'été, son lit se transformant alors en une succession de petites mares séparées par des accumulations de cailloux.

Le Junac
On l'appelle aussi le ruisseau de Belbèze. Il sort de terre près d'Ausseing, à 450 mètres d'altitude, pour se jeter dans le Lens quatre kilomètres plus bas au-delà des carrières de l'Arrouquet. Quelques centaines de mètres en amont, il creuse son lit dans un massif d'ophite boisé et saute entre les rochers par une série de cascatelles du plus bel effet. A l'endroit le plus étranglé de son paysage, sous une falaise de la rive droite, naît une source réputée jadis pour le traitement des maux d'estomac.

Salat, Lens, Laouin et Junac forment avec leurs affluents respectifs un réseau de cours d'eau découpant le territoire communal en autant de bassins collecteurs d'inégale importance, mais bien individualisés. Un de leurs principaux attraits tient à leur peuplement, car par leur longueur et leur variété, ils offrent une gamme exceptionnelle de parcours de pêche.
Si le Junac est surtout visité pour ses écrevisses, hôtes des eaux vives, le Lens, exempt de toute pollution industrielle, est connu pour ses truites, mais tout comme le Salat, il abrite aussi une nombreuse population de poissons blancs : les goujons, barbeaux, anguilles, chevesnes (sièges), vandoises (cabots), hotus (sardines) et vairons (rabottes), en sont les principales variétés. L'existence de telles ressources dans un territoire aussi restreint promet de nombreuses possibilités de pêche sans imposer de grands déplacements, ni d'interruption saisonnière généralisée.

La Forêt Communale

La forêt communale de Cassagne, d’une surface de 13,50 ha, appelée localement «bois de Haraypey» a une très longue histoire. Des documents de 1667 font déjà référence à cette forêt sous le nom de «bois de Thuilerie». Elle se trouve en bordure du chaînon calcaire des Petites Pyrénées et de la petite vallée alluviale du Lens.

Sa flore :

Les principales essences forestières sont les suivantes :
- Chêne pédonculé : sur les sols frais à humides des bas de versants.
- Chêne rouvre : présent sur 3 à 4 ha malgré les coupes répétées qui favorisent le chêne pédonculé.
- Orme champêtre : pratiquement éradiqué à partir des années 70 par la graphiose. Lors du nettoiement de la plantation de chênes en octobre 2007, une trentaine d’ormes ont été laissés pour accompagner les chênes.
- Aubépine, prunellier : présents dans les sous-bois et favorisés par les coupes répétées.
Logiquement avec le temps, ces deux arbustes devraient s’étioler et disparaître.
- Robinier : cette essence semble avoir été introduite avant 1941. Elle est présente un peu partout au risque de devenir envahissante.

Sa faune sauvage :

Les espèces présentes ou de passage : martres, renards, putois, genettes, écureuils, lièvres, blaireaux. Parmi les oiseaux : pic noirs, merles, pics verts, tourdes, pics épeichette, bécasses, geais, palombes, divers passereaux. Parmi les grands oiseaux, il est possible de trouver : la buse, le circaète Jean le Blanc, le milan royal, l’aigle botté. Parmi les animaux chassés, le chevreuil et le sanglier.

Sa richesse culturelle :

Le Bois de la Thuilerie, rapporté par une carte de 1667, indique la présence d’une tuilerie à proximité de la forêt.
Le Bois de Haraypey semble indiquer la présence de pierres autour du ruisseau.
Un tertre tabulaire de terre de forme cylindrique (7/8 mètres de diamètre sur 1 mètre de hauteur), de nombreux restes de terre cuite sont visibles à proximité.
Les vestiges d’un four à l’aplomb du ruisseau qui traverse le massif. Il est enterré et seule une paroi de sa construction est encore visible, son diamètre est d’environ 3 mètres de large.
Les travaux forestiers de 1992 à nos jours :
- 1992 : Plantation de chênes
- 1994 : Premier dégagement plantation de chênes
- 1995 : Mise en place du parcellaire et deuxième dégagement-regarni 50 merisiers
- 1996 : Troisième dégagement-plantation 115 merisiers et 270 charmes
- 1997 : Quatrième dégagement et plantation de 100 chênes rouvres
- 1998 : Cinquième dégagement plantation de chênes et premier dégagement plantation de charmes
- 1999 : Sixième dégagement plantation de chênes
- 2000 : Septième dégagement plantation de chênes plus taille de formation
- 2001 : Huitième dégagement plantation de chênes plus taille de formation
- 2002 : Neuvième dégagement plantation de chênes plus taille de formation
- 2006 : Périmètre et parcellaire
- 2007 : Nettoiement plantation de chênes plus dévitalisation des acacias
- 2009 : Plantation prévue de 120 charmes

 
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